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le blog de Batochou

Participer à l'expansion des zones de notre savoir et de notre pouvoir, et maintenir la flamme de la promesse du bonheur pour les africains.

24 janvier 2008

Premiers résultats prometteurs d'un vaccin anti-paludéen au Mali

Fiche sur le paludisme : transmission, développement du parasite et symptômes

Un petit essai clinique d'un vaccin anti-paludéen expérimental au Mali, où cette infection est endémique, a donné des résultats prometteurs, selon l'étude d'une équipe internationale de chercheurs publiée aux Etats-Unis.

Ce vaccin a provoqué une forte réponse immunitaire chez les 40 adultes ayant participé à cet essai et s'est avéré sans risque.

Il s'agit du premier test de ce vaccin conçu pour empêcher le parasite responsable du paludisme d'entre dans les cellules sanguines humaines, ont expliqué ces médecins dans un communiqué.

Fort de ces résultats prometteurs, ces chercheurs vont maintenant mener des essais cliniques sur 400 enfants maliens âgés de un à six ans.

Le paludisme est l'une des infections les plus meurtrière en Afrique et dans les autres pays en développement, faisant plus d'un million de morts chaque année, pour la plupart de jeunes enfants.

Cette étude a été conduite par le Dr Mahamadou A. Thera avec seize autres participants du centre de recherche et de formation sur le paludisme à l'Université de Bamako au Mali.

L'Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), qui fait partie des Instituts nationaux de la santé (NIH), a apporté son soutien technique et financier à l'essai clinique.

Le Dr Christopher Plowe, de la faculté de médecine de l'Université du Maryland (est) est le co-auteur de cette recherche.

Pour ce premier essai clinique, ces médecins ont recruté des volontaires vivant à Bandiagara, petite ville rurale du nord-est du Mali où le paludisme est particulièrement prévalent.

Durant la saison des pluies en août et septembre les habitants de cette région se font piquer jusqu'à 60 fois par jour par des moustiques transmettant le parasite responsable du paludisme, précisent ces chercheurs.

AFP - mercredi 23 janvier 2008, 12h18

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20 janvier 2008

SCANDALE : DES ENFANTS MALTRAITES EN BULGARIE

La grande chaîne d’informations BBC a révélé vendredi dernier, à la face du monde civilisé et développé la triste vie des enfants bulgares. Le scandale révélé semble être vite étouffé par les autres médias, qui préfèrent se consacrer aux sujets plus « nobles ».

Pourtant, plusieurs centaines de pauvres enfants, en Bulgarie, souffrent de malnutrition, de maladies chroniques…ils sont pour la plupart abandonnés dans des orphelinats et autres centres d’accueil, sans soins digne d’un pays européen. Faudrait rappeler qu’après des années de bataille, la Bulgarie a effectuée, le mois dernier, son entrée dans la « prestigieuse » union européenne.

Voilà que moins de quelques semaines après son adhésion, elle encombre les consciences de ses pairs d’une image indigne d’un pays occidental. Alors qu’elle n’a pas encore réglé le passif causé par son réseau mondial de prostitution et de films X. Mais ce pays, au PNB assez modeste, et largement éloigné de celui des pays comme fait bel et bien partie de l’union, avec tous les avantages que cela comporte.

Malgré l’élargissement, il faut se rendre à l’évidence que les phénomènes d’extrêmes pauvreté se développent à une grande vitesse dans la quasi majorité des pays européens. Mais les médias font un black out total sur les sons et images de la honte. Qui osera encore parler de liberté de communication ?

Pourquoi les sites web, et autres télévisions n’ont pas diffusé depuis deux jours les images produites par BBC ? Si cette pauvreté extrême des enfants bulgares n’est qu’une exception, une toute petite souillure qui sera vite réparée, il faut donc montrer les images en boucle, pour que cela ne se produise plus.

Ce qui est intéressant , ce n’est pas le soulagement de savoir que l’universalité de la misère garde encore un brin de pertinence, mais c’est d’analyser une fois de plus le rôle des médias dans la structuration de la conscience collective et la fabrique de l’image de marque.

Les européens se disent que la misère c’est pour les autres ; à partir de là, il n’est pas question de faire des reportages complets sur toutes les facettes de la vraie vie, au risque de se faire surprendre par des réalités choquantes. Dans ce contexte, les médias constituent la barrière insurmontable entre les citoyens et les tristes réalités.

Je parie qu’après avoir oublié de diffuser les images, ces mêmes médias vont envoyer des équipes de reportages dès la prochaine « légère crise humanitaire » là où vous savez.

Pour se donner bonne conscience. Pour se dire que malgré tout, il vaut mieux être européen. Et se demander comment les pauvres pourront se redresser au milieu de tels catastrophes.

Mais il faudra compter sur d’autres « troubles fêtes » qui risquent de saper la tranquille et douillette quotidienneté occidentale.

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19 janvier 2008

KADHAFI : L’ARROGANT ?

Le libyen Mouammar Kadhafi a encore fait irruption sur la scène politique africaine.

C’était vendredi le 18 janvier 2008, à Ouagadougou, lors du 33ième sommet des Chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).Dans son discours, il est revenu sur la seule idée géniale qu’il exhibe depuis plusieurs années, pour se donner une présence et une visibilité sur le continent : les Etats-Unis d’Afrique.

Image:Muammar al-Gaddafi-09122003.jpg

Sur les raisons qui devraient accélérer la mise sur pied des Etats-Unis d’Afrique, l’on ne peut nier les arguments avancés ; tous font la quasi-unanimité. En effet, selon le leader libyen, l’on a  "plusieurs Darfour" en Afrique. Si le continent ne s'unit pas rapidement, le reste de l’Afrique pourra s’embraser. "Le Darfour (Soudan) en est un exemple mais c'est contagieux. Il y aura plusieurs « Darfour » en Afrique. Et au Kenya (secoué par des violences post-électorales, cf notre article du 06 janvier 2008 « la responsabilité des leaders politiques dans la gestion de l’après élections »), la lutte est en train de devenir ethnique, tribale, car l'Etat n'est plus capable de répondre aux défis", a-t-il poursuivi.
Autre argument, "L'Etat nation va disparaître. On ne peut plus, en tant que petites entités, relever les défis. Si elle continue, l'Afrique va voir ses Etats nations aller à la perdition". En clair,
"l'Afrique va devenir un terrain de conflits, de luttes tribales et les Etats du monde vont intervenir encore une fois pour assurer leurs intérêts".

Nous sommes condamnés. Merci M. Kadhafi de nous en avertir.

Je me pose une question. Etait-il invité spécial de se sommet pour répéter un discours connu et claironné depuis plusieurs années ? Au même moment, ce « grand visionnaire », adopte des mesures, signe des contrats qui ne matérialisent en rien ses idées.Cela commence à ressembler à « l’arrogance libyenne », pourquoi ?

Au moment où l’on a besoin de moins de 5 milliards d’euros pour donner un élan au NEPAD, ou simplement  à l’énergie, aux routes, le dirigeant libyen préfère faire la cour à Sarkozy pour acheter des rafales militaires. Je voudrais ajouter qu’il a réussi l’exploit d’acheter des rafales dont aucun pays au monde n’est demandeur depuis qu’elles sont sorties des usines Dassault.

A quoi vont servir ces rafales dont le coût équivaut au budget de plus de 10 pays de la CEDEAO ? Jusqu’à sa récente visite en France, j’ignorais que la Libye avait un tel trésor. Lorsqu’il faut se redonner une crédibilité internationale, on prend soin de laisser ce « machin », les Etats-Unis d’Afrique, là où il doit être, en Afrique.

Se faire inviter à chaque sommet pour jouer sa petite partition et nous donner des leçons sur l’unité africaine, c’est vraiment culotté de la part d’un pays qui n’a pas encore défini sa posture régionale(arabe) et qui émet des doutes sur sa réelle volonté à s’unir aux pays africains. J’aimerais que l’on nous présente un projet panafricaniste , qui équivaut juste au prix d’une rafale, financé par ce pays riche en bons discours et pingre en actes.

A contrario, je ne m’alignerais pas sur la critique faite au leader libyen, en ce qui concerne l’expulsion des immigrés dans son pays. Comme l’a dit son maître, la Libye ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Elle doit décider de sa politique d’immigration. Je ne pense pas que les africains soient très demandeurs d’un exil économique en Libye. C’est la misère qui nous y pousse, et en général c’est juste un pays de transit.

Si Kadhafi se décide enfin à investir en Afrique dans des projets estampillés « NEPAD »,

au lieu de financer la moribonde industrie française, alors il pourra expulser qui il veut, sans comptes à rendre, et surtout donner une crédibilité à son idée. Il peut penser qu’à la limite son pays n’a pas besoin de l’unité africaine, c’est son droit, seul l’après pétrole nous le dira. Mais les africains veulent l’unité, mais comment la faire sans commencer par les grands travaux préliminaires présentés par le NEPAD ?

En outre, Kadhafi peut financer n’importe quelle industrie au monde, personne ne peut lui contester ce droit. Mais au moins, s’il limite son action en Afrique au verbiage et aux dons de kola, il faudrait qu’il nous épargne de ses fanfaronnades et mises en scènes sans utilité pour les pays africains.

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18 janvier 2008

CAN 2008 : POUR UN FONDS DE SOLIDARITE CONTRE L'EGOISME STRUCTUREL

 

La Coupe d’Afrique des Nations commence dans 48 heures, et tous les observateurs s’affairent à établir les pronostics les plus risqués, mais aussi les plus raisonnables. Les bookmakers se livrent aux paris les plus fous. La question centrale qui agite les milieux du ballon rond est la suivante : quels sont les favoris, et qui sera le gagnant ?

Pour pousser leur équipe à la victoire finale, les gouvernements, fédérations et même les mécènes promettent de très fortes primes. Un exemple, chaque joueur des Lions indomptables du Cameroun pourra percevoir jusqu’à 75 millions de F CFA(120 000 euros) en cas de victoire finale, ce qui correspond au double, ou au triple du salaire de plusieurs lions dans leurs clubs européens.

Il est vrai que dans une telle répartition un garçon comme Eto’o mériterait plus, car avec 120 000 euros, il a juste l’équivalent de 4 jours de salaire au Barça. Pour les autres, c’est une très bonne prime. En Côte d’ivoire, au Sénégal, les sommes promises sont aussi élevées.

Je voudrais préciser une chose. Les primes versées aux footballeurs sont énormes, mais au regard de l’état actuel des exigences de ce sport, elles sont conformes à leur statut. Cet argent correspond aussi aux « frais de mission » qui stimulent le salarié à défendre son entreprise loin de ses bases. Mais je suis sûr que malgré l’absence des joueurs en club, ils y émargent toujours , au moins sur le compte du salaire fixe. Ce qui donne au bout deux salaires, en l’espace de trois semaines.

Si leurs rémunérations sont justifiées, elles ne sont pas justes. Pourquoi ?

Elles ne correspondent en rien au niveau de développement socio-économique des pays africains. Si cette tendance haussière des primes ne se complète pas de grands gestes de générosité, l’on risque de croire que les footballeurs -ou le football- africain sont comme le pétrole, l’or et les autres ressources, qui servent à enrichir tout le monde, sauf les pays africains eux-mêmes. Alors comment moraliser ces salaires sans pour autant frustrer les joueurs, qui, je le répète méritent ce qu’ils gagnent ?

Je voudrais proposer une idée qui risque de choquer plusieurs. Sur ce point, le légendaire Roger MILLA est parfaitement d’accord avec moi (http://www.cameroon-info.net/cmi_show_news.php?id=21607&cid).

Il faudrait créer un fonds de solidarité du football africain, en prenant un pourcentage sur les primes offertes aux footballeurs , pour le développement du football des jeunes, ou encore pour l’insertion socio professionnelles des moins doués pour le sport, notamment le sport de haut niveau. Les sommes collectées serviront à construire des écoles, dispensaires à l’échelle africaine.

Les sommes collectées devraient être gérées dans une structure dirigée par les joueurs ou leurs mandataires, sans oublier les agents et managers, qui perçoivent de grosses commissions sur la vente de leurs poulains.

On ne peut pas gérer les recettes du football africain comme le font les pays dits développés.

Nos footballeurs doivent aussi être les stars du développement africain ; ils ne peuvent pas continuer à être juste des stars du ballon rond.

Ce que nous demandons à Essien, Diarra, Eto’o ou Drogba, on ne saurait l'exiger à Ronaldihno, Messi, Beckham et les autres. En réalité, la faute est à nos Etats, car s’ils avaient fait leur travail selon les canons de la bonne gouvernance, on ne demanderait pas au footballeur d’accomplir ce que l’Etat a été incapable de réaliser.

Certes, individuellement, l’on remarque de très bonnes actions ici et là ; des footballeurs au cœur assez généreux construisent des écoles de foot, des dispensaires ; c’est une très bonne chose. En cela, ils font mieux que les agents de nos administrations qui ont pillé avec férocité l’argent du peuple. Il faudrait maintenant rationaliser et regrouper ces actions héroïques  au sein d’un organisme qui serait géré comme une multinationale.

Je suis convaincu que si le projet est bien détaillé et ambitieux, les footballeurs africains vont y adhérer, sans se faire prier. En vérité, je pense que ce sont les seuls qui , quoique vivants à une époque d’égoïsme structurel se donnent encore la peine de partager, d’associer les moins nantis à leur bonheur. Ils n’ont pas de leçon à recevoir des pouvoirs publics.

Laissons parler leurs cœurs.

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17 janvier 2008

L’INCONSCIENT OCCIDENTAL ENVERS L’AFRIQUE

Hier, j’évoquais dans mon exposé, les stars du développement africain, qui sont l’ensemble des forces vives exceptionnelles que nous devons mobiliser pour accélérer le processus de rédemption du continent qui est en cours. Il faudrait, au passage, et sans obstination, évoquer encore les « tsars » de notre progrès, au moins pour les pousser loin de notre bienheureuse route. Les « tsars » au sens le plus négatif du terme.  Ils sont les experts de l’exploitation et de l’infantilisation du continent. Avec leur froideur légendaire, ils expriment de façon glaciale leur ignorance et leur mépris de plus de 800 millions d’habitants.

Le dernier en date, est, vous l’aurez deviné, Nicolas Sarkozy, ceci par rapport à ses origines et par rapport à son statut. Deux attitudes récentes illustrent mon propos. D’un côté, il tient son « Discours de Dakar », ce ne sera jamais celui de Guaino, et de l’autre,avec les vrais partenaires, il ne fait aucune leçon sur le progrès, la démocratie, les droits de l’homme. Il embarque les industriels et signe des contrats à milliards d’euros. Il a poussé son pragmatisme politique à un niveau hautement similaire à l’inconscient des européens. (Qu’ils soient de l’Est (Roumanie, Pologne, Hongrie) aussi pauvres que plusieurs pays africains, ou encore de l’ouest).

Cet inconscient collectif, structuré par Hegel, Victor Hugo et les autres est nourri par la rumeur (belle expression de Jean François Bayart) selon laquelle l’Afrique est juste un sous-continent qui fait obstacle au business international. Le discours de Dakar et les voyages en Arabie saoudite illustrent amplement cette idée, cette posture qui est assumée par son auteur ou ses co-auteurs. Aucune excuse, aucun recul. Ils n’ont retiré aucun mot. Exactement comme ils n’ont pas présenté les excuses pour la traite, encore moins pour la colonisation.

Ce n’est pas le jeune Sarkozy qui va venir instaurer la rupture avec la politique de ses prédécesseurs. D’ailleurs, il veut toujours reconduire 25 000 immigrés dans leurs pays. Et en attendant des clarifications, il parait que la majorité des expulsés sont les africains, alors que les statistiques officielles indiquent que la Chine est le premier pays d’immigrés en France. J’y reviendrais.

Ce que j’aime chez le président français, c’est l’art de jongler avec les difficultés, l’ « acrobate » selon le point, a toujours un numéro de réserve. En politique internationale et en géostratégie, son pragmatisme et sa légèreté sont en rupture avec les discours et les postures présidentiels traditionnels, et cela permet de libérer des espaces d’analyse pour l’observateur. Parmi ces espaces, il y a pour l'africain, l’impensé passé et constamment actuel des européens sur l’Afrique. Sarko dit tout haut ce que les blancs (en majorité) pensent tout bas. S’il le dit maladroitement, il le déclare malgré tout.

Le discours de Dakar, daté de 2007, marque non pas l’aboutissement de cet impensé idéologique et multiséculaire, mais son actualisation et sa radicalisation officielle. Les intellectuels européens avaient déjà tracé la route de la déroute dans le rapport entre l’Occident et l’Afrique.

Hegel, dans la raison dans l’histoire disait déjà que « l’Afrique, aussi loin que remonte l’histoire, est restée fermée, sans lien avec le reste du monde ; c’est le pays de l’or, replié sur lui-même, le pays de l’enfance, qui, au-delà du jour de l’histoire consciente, est enveloppé dans la couleur noire de la nuit ».

Sarko a remis cela à l’ordre du jour, en omettant officiellement de dire que c’est le pays de l’or. Victor Hugo, en 1879, dans son Discours sur l’Afrique, parlait de « ce bloc de sable et de cendre, ce morceau inerte et passif qui depuis 6000 ans fait obstacle à la marche universelle ».

Cette marche est rythmée actuellement par la globalisation des affaires et du capitalisme, après avoir été nourrie par la démocratie et l’industrialisation. Le président français nous l’a encore démontré. Au lieu de tenir un discours et une attitude de rupture avec ses amis dictateurs, il est venu nous rappeler que l’Afrique n’est qu’un rassemblement de jeunes immatures qui font obstacle au progrès.

Pourtant, lorsqu’il va dans des pays marqués par les terrorismes, extrémismes, il se garde de donner des leçons, il signe des contrats, et ramène des milliards à la maison ; de grâce, la prochaine fois, il faudrait qu’il prenne notre or, pétrole et autres sans pousser l’arrogance là où il ne faut pas.

Le silence et le respect qu’il donne à plusieurs pays « pétroliers » contraste avec le ton « donneur de leçons », et témoigne de ce que la démocratie, la gouvernance dictée depuis l’occident, c’est pour les pays pauvres en forces de nuisances, quoiques riches en minerais.

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16 janvier 2008

LES « STARS » DU DEVELOPPEMENT AFRICAIN

L’Afrique de demain, la future Afrique est entrain de naître progressivement, de prendre forme sous nos pieds, loin de nos regards et de nos jugements incrédules longtemps formatés par les intellectuels et médias de la catastrophe permanente.

Cette Afrique, qui a depuis la chute du mur de Berlin et la diffusion des effets secondaires et collatéraux (citons par exemple les plans d’ajustements structurels) du discours de la baule en 1990, compris que son destin dépendait surtout du dynamisme de ses peuples.

Les techniques de survie des hommes et femmes, longtemps considérées avec indifférence et dédain ont finalement eu raison des structures étatiques « clandestines » qui gèrent les nations artificielles de nos anciens royaumes.

Car l’Etat en Afrique n’est plus seulement importé, inopérant, malade, mais il est surtout clandestin ; dans la mesure où il est le moyen d’action et de survie le plus illégitime et le plus étrange jamais construit en Afrique. Il ne vit qu’en se dérobant sans cesse aux canaux de la légitimité populaire : protection des citoyens, élections, gouvernance… il ne recherche jamais la face des citoyens (le visage éthique), car comme le voleur de nuit, il est là pour dérober, tuer et s’enfuir, loin de la misère, des espérances brisées, des défis qu’imposent la mondialisation.

Le NEPAD est parmi les structures qui ont pris acte de la démission des états ; en effet, tout le programme qu’il veut réaliser dans les 20 prochaines années aurait été largement fait depuis ; qu’il s’agisse des réseaux de communications, routes, vois ferrées, intégration…car faut-il le rappeler toutes ces réalisations sont immanentes à un état qui prospère, qui libère les libertés, les intelligences, le travail et donc la richesse.

Illustrons ceci par un exemple : si chaque état avait un réseau routier dense, son voisinage avec les autres états, dans un contexte géostratégique auraient, par effet d’aubaine suscité la liaison des réseaux nationaux entre eux, donc en fait des réseaux sous régionaux et peut-être régionaux.

Puisque rien n’a été fait, le NEPAD est obligé de le penser à la place des Etats ou précisément avec les Etats.

Le génie des concepteurs du NEPAD a été d’en faire la volonté des peuples d’Afrique, comme le dit clairement sa charte et non celle des hommes et femmes d’Etats.

Mais ce réalisme sociologique est entrain de s’émousser dans le positionnement politique avec notamment une surabondance des acteurs étatiques dans les projets essentiels : le MAEP…a tel point que si rien n’est fait, les citoyens d’Afrique ne vont accorder qu’une timide attention à la noble action du nouveau partenariat.

Certains réseaux du NEPAD ont implicitement compris cela en parlant d’une « appropriation citoyenne » du NEPAD; or par définition, on ne s’approprie que ce qui ne vient pas de nous.

Pour éviter l’extériorité ontologique, le NEPAD doit se rapprocher, se lier avec sa source fondatrice : les peuples.

L’on dénombre aussi plusieurs structures qui essaient de redonner une perspective à tous les projets qui se rapportent au développement de notre cher continent. A ce niveau, il faudrait associer toutes les bonnes idées, les meilleures personnalités pour faire jaillir la rage de vaincre de notre continent à la face du monde.

En définitive, la faiblesse actuelle du NEPAD ne doit pas conduire à la lassitude. Si la cause de l’Afrique était facile, il y a longtemps que l’on ne parlerait plus de nos graves crises. La difficulté de la tâche exige une foule d’actions et de stratèges.

La CAN qui commence dans quelques jours nous montre que l’abondance des stars n’a que des effets positifs pour la qualité d’une compétition. L’abondance des acteurs du développement doit être perçu sous cet angle. La bataille contre la misère demande une multitude de stars.

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15 janvier 2008

DROGBA ,ETOO : leur vision de l’Afrique.

Cela fait du bien d’avoir la vision de notre continent, telle qu’elle est analysée et vécue par des gens qui ont réalisé des choses exceptionnelles dans leur vie.

C’est dans « France football » de ce mardi 15 janvier 2008 ; que je suis allé puiser les avis de nos deux plus dignes représentants actuels.

Les intellectuels pourront aussi compléter et systématiser les idées vraiment simples et originales de nos stars.En attendant, je voudrais retenir certains éléments qui peuvent structurer notre rapport à la vie, à nous-mêmes et au monde.

La vie est le lieu de la bataille permanente. Il faut se battre avec toutes ses forces pour gagner son pain quotidien. On le voit avec nos deux stars. Ils ont refusé la misère et la pauvreté, en puisant dans leurs tripes tout ce qu’ils ont de sublime et d’excellent pour se hisser parmi les meilleurs au monde. Même comme arrivés au sommet, ils se rendent compte de l’écart d’estime qu’il y a entre un Noir et les autres.

L’essentiel n’est-il pas ce que Samuel affirme ? « Ma famille vit bien ».

Le seul vrai combat qui doit animer les jeunes est de bien vivre et bien faire vivre leurs familles ; ce n’est qu’à partir du bien-être que l’on peut se mettre à philosopher sur les injustices dont sont victimes l’Afrique, le retard économique, et démocratique, le racisme…..

Autre leçon que nos deux « bonshommes » nous administrent, c’est la grande humilité et la sagesse dont ils font preuve, alors qu’ils n’ont pas encore 30 ans. Quelques extraits :

France foot : Qu’enviez-vous chez votre adversaire ?

« Drogba: Ce que j'aime chez lui (Etoo), c'est sa vitesse, son instinct devant le but, ses déplacements, et, tout simplement, le fait qu'il soit indispensable à Barcelone. Avec Chelsea, quand on jouait Barcelone sans Samuel, on savait qu'on avait gagné le match avant même de pénétrer sur le terrain. Je suis honnête. Tous les joueurs de Chelsea te le diraient, même José Mourinho. Quand il avait su que tu ne jouerais pas face à nous (Le 18 Octobre 2006, en match de poule ligue des champions : Chelsea-Barcelone :1-0), sa première réaction avait été de nous dire ;"on a gagné". On sait trop ce que tu es capable de faire dans un match...On a bien vu ce que ça pouvait donner quand tu étais là (Chelsea-Barcelone :1-2, avec un but d’Eto’o lors de ce huitième de finale aller de mars 2006)

Eto'o: Didier, on a presque le même jeu tous les deux. Mais ce que j'aimerais vraiment t'emprunter,et je travaille pour ça,c'est ta détente. Ce n'est pas possible! De la tête, aujourd'hui personne ne joue comme toi. C'est vrai ».

Voilà la marque des grands hommes, reconnaître ce que le frère, le voisin a de meilleur et essayer de copier, sans orgueil, sans honte.

C’est la tâche de nos politiques. Avec les problèmes du continent, l’essentiel de la vie démocratique ne devrait pas se réduire à l’obsession du pouvoir et de l’alternance, mais à la quête des idées les plus efficaces pour vaincre la pauvreté.

On ne peut y arriver sans reconnaître chez « l’autre » ce qu’il a de bon.

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14 janvier 2008

DE LA DEMOCRATIE COMME POLEMIQUE

Le consensus intellectuel établi depuis quelques années dans les pays occidentaux se rapporte à la crise du politique, et à la faiblesse de la démocratie représentative. Partout, des hommes et des femmes s’éloignent de la politique, des débats, des élections.

Avec les problèmes urgents qui demandent des réponses précises, il s’agit maintenant de reconnecter les citoyens aux vrais débats, à l’espace public véridique qui indique les solutions, le chemin et les obstacles.

Après être arrivé au bout de l’imperfection intrinsèque à sa nature, et à ses extensions, la démocratie veut et peut se renouveler, s’oxygéner, se remettre au cœur de la cité (polis pour nos chers grecs). Comment cela?

C’est ce qui a semblé se passer en France. Lors des élections présidentielles de 2007, plus de 85% des citoyens- électeurs- sont allés voter, après avoir suivi les débats et arguments de campagne, ce qui, pour un temps, signifiait le retour de la politique et de la démocratie au premier rang de préoccupations et des occupations citoyennes. A ce jour, aucune explication crédible n’a été donnée à ce regain des électeurs pour la politique.

Cela à raison, il faudrait tout au moins attendre les élections municipales du mois de mars 2008 dans le même pays, pour consolider et structurer les analyses et les perspectives relatives au réanchantement de la démocratie.

En attendant, une chose est certaine, les citoyens veulent une démocratie des hauteurs, marquée par des débats solides autour des questions essentielles qui ont trait au pouvoir d’achat, à l’emploi, à la sécurité…Ces débats devant être conduits par des hommes et des femmes ayant une consistance intellectuelle et politique assez élevée.

La France s’en est rapprochée lors des dernières élections présidentielles, mais depuis lors, la démocratie comme culture stagne face à la démocratie représentative marquée par l’emprise des syndicats, médias, parlementaires…

La preuve, les médias, par exemple, poussent le peuple à disserter davantage sur le style "bling bling" de Sarkozy, que sur le fond des réformes entreprises: autonomie des universités, service mininum, régimes spéciaux, lois TEPA...Lorsque le peuple s'en approche, l'on se presse à indexer la "baisse" du pouvoir d'achat pour illustrer l'echec du nouveau président.

Cette démarche caricaturale ressemble fort à celle entreprise dans les pays africains par les médias, qui analysent l'inefficacité d'un régime sous des monoprismes, sans autre forme de débats, en disqualifiant constamment les "petites actions positives" .

En cela, notre ex- pays colonisateur n’est pas loin de reproduire ce qu’il reproche aux pays africains : privilégier la démocratie comme polémique, en oubliant la démocratie comme culture.

La démocratie comme polémique signifie réduire son interlocuteur au silence, en l'obligeant à adopter son point de vue, celui des vérités établies sans débats, sans analyses, sans preuves.

La démocratie comme culture donne la part belle à l'autonomie du citoyen, à qui l'on confère les moyens intellectuels d'analyser les décisions prises et de choisir les programmes politiques les plus efficaces pour lui et sa progéniture.

Dans la démocratie de polémique, le monopole des débats est assuré par des médias, qui ont à leur tête des journalistes généralement talentueux, mais qui n'ont pas été formés pour avoir l'étoffe ou l'épaisseur intellectuelle des hommes d'idées.

Hélas, cette forme de démocratie risque de croître,car les médias sont toujours sous l'emprise des grands capitalistes.

Pour oxygéner les démocraties représentatives, il faudrait que le tiers des "grands médias" soit sous la tutelle du financement citoyen; en outre celui-ci devrait avoir la liberté de choisir les responsables de ses médias pendant les élections.

C'est l'une des pistes que je propose pour réduire l'emprise de la dictature des médias sur la démocratie.

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13 janvier 2008

ETO'O-HENRY ET LA DANSE DES REINS

Je ne suis pas spécialement fan du FC barcelone, mais au détour du match livré hier en ligua, une image m'a interpellé, la danse des reins effectuée par deux monstres du ballon rond, Samuel Eto'o et Thierry Henry. Cela a particulièrement fait délirer les charmantes dames qui regardaint le match, et fait marrer les fans du barça, ravis du spectacle offert par leurs stars.

danse

Pour l'observateur, il faut capter dans cet exercice l'expression originale et africaine d'un bonheur simple.C'est ainsi que les africains arrivent à surpasser les difficultés de la vie, en dansant et en chantant. L'on peut aussi y décéler ce qui pourra être le prochain cours dans les écoles de football.

Pour le formateur, je pense qu'il peut établir une corrélation entre la faciliter à se déhancher et l'aptitude à dribbler, éliminer des adversaires et marquer des buts. La danse des reins, portée à son paroxysme par le makossa, le ndombolo et le coupé-décalé peut être intégrée dans la formation des attaquants.

Pour illustrer ce propos, les meilleurs attaquants brésiliens, Ronaldinho, Ronaldo, Robinho sont de très bons danseurs de samba, d'où l'expression consacrée, "le foot-samba". La samba a une rythmique assez proche des sons africains; c'est vrai que les brésiliens furent des africains.

Ceci étant dit, l'essentiel de mon intuition est pédagogique; il faudrait que dans les écoles de football et les clubs,  l'on réserve des séances d'initiation à la danse des reins... Non ne riez pas, on en a besoin dans le football actuel qui est devenu très rugueux.

Aucun coach ne me dira le contraire, car leur souhait c'est d'avoir des joueurs capables d'éliminer leur adversaire "en un contre un", et pour cela il ne serait pas inutile d'inscrire cette nouvelle discipline dans les cours.

A défaut, ce serait aussi pour les joeurs un moyen de "lâcher prise", surtout après un but extatique.

Monsieur Henry sait désormais que s'il vient rendre visite un jour à la vraie terre de ces ancêtres, il aura l'ocasion de se former davantage à la danse des reins avec tout ce qui va avec...

Alors DJ, balançe nous le son!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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12 janvier 2008

LE CAMEROUN A UN NOUVEAU ROI

Depuis quelques jours, un « blanc », (encore une preuve de l’ « arrogance occidentale » dixit Théophile Kouamouo?) a fait savoir aux journalistes du monde que le Cameroun avait un nouveau roi. Ce propos tenu par Schuster, entraîneur de l’un des plus grands clubs du monde, le réal de Madrid, n’est pas une simple boutade.

Il faudrait en esquisser une analyse, pour tenter de déceler ce qu’il cache comme sens profond. Cela peut être utile pour nous indiquer combien les européens ont progressé dans leur compréhension de l’Afrique depuis le fameux « discours de Dakar ».

Certes, il l’a dit pour s’indigner d’une situation cocasse, mais le terme utilisé « roi » semble renvoyer à une image de l’Afrique qui n’est pas éloignée de ce que Sarkozy décrivait devant les étudiants à Dakar en 2007.

Dans le non dit de Schuster, l’Afrique serait-elle encore une juxtaposition des tribus ayant à leur tête des rois ?

On serait tenté de le penser, puisque le concerné affirme plus loin que kanouté et les autres seront bientôt rois chez eux, dès qu’ils auront atteint le sommet mondial. M. Schuster et cie, accorder une dispense, une clémence pour une victime du capitalisme occidental, serait-elle la preuve que l’ Etat de droit n’existe plus ?

Ce n’est certainement pas à vous qu’il nous faudra exposer le chemin parcouru pour redresser nos pays, après le passage sanguinaire de vos parents, ce n’est pas non plus vers votre « science » que nous allons prendre la mesure du chemin qui nous reste à parcourir en démocratie.

Lorsque Schuster avance des inepties de ce genre, ce n’est nullement en comparaison avec ce qui se passe en Espagne, pays qui résiste à la modernité en ayant encore comme leader « symbolique », un roi, logé, nourri et couvert de délices aux frais du contribuable espagnol.

La faute à qui ?

Certes, le Cameroun , en permettant au pichichi de rejoindre l’équipe nationale après le stage de préparation, a donné un traitement de faveur à son meilleur représentant de l’heure, Samuel Eto’o fils, que certains appellent affectueusement la onzième province du Cameroun depuis la disparition du Boeing 747.

En cela, le Cameroun peut se faire tirer dans le caniveau par le premier venu. Drogba et les autres stars ont néanmoins reconnu que ce n’est pas une situation facile à gérer du fait qu’il y a une pression énorme de part et d’autre.

La sagesse et le respect de notre pays auraient suggéré au coach Schuster de dire plutôt que la fédération camerounaise de football a un nouveau président, mais de grâce, qu’il laisse notre pays en paix.

En attendant, royauté ou pas, le Cameroun, comme les autres pays de l’Afrique fait ce qu’il peut pour résister au diktat des clubs riches.

Posté par batotchou à 18:39 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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